J’ai été amputée à l’âge de 10 ans, en Corse suite à un accident d’hélice de bateau à moteur. L’amputation a été réalisé au tiers fémoral supérieur, et m’a laissé 11cm de fémur environ.

Ma jambe n’aurait pas pu être sauvée sans l’intervention d’un chirurgien excellent à l’hôpital Foch à Suresnes en 1977 ! Il a su conserver des masses de chair autour du moignon pour préparer une sorte de « coussin » afin que les appuis ne soit pas douloureux sur l’ossature.

Donc voici maintenant près de 39 ans que je vis mon quotidien en portant une prothèse tous les jours du matin au soir.

Je n’aime pas du tout vivre sans elle, elle fait partie de moi, de mon intégrité physique.

Au début après les opérations, j’ai suivi des séances derééducation pendant longtemps, on m’a appris à me protéger en cas de chute, à remarcher avec ma prothèse.

J’ai tout d’abord connu les genoux « Schttridd » et les emboitures en bois verni, pendant quelques années.

Puis se sont suivi des prothésistes de Lyon et Marseille (1988- 1997);

Lorsque j’ai été enceinte de ma fille née en 1997, je vivais en Corse à Bastia, je faisais les allers et retour sur Marseille ; J’ai même voulu accouchée avec ma prothèse pour garder mes appuis…

Bref tout se passait bien jusqu’à l’année 2003, où je suis rentrée vivre à Paris ; J’ai cherché à être appareillée à Paris plutôt qu’à Marseille.

Les problèmes d’appareillage ont durés 2 ans et personne ne réussissait à me fabriquer une emboiture qui ne me blesse pas.

Aussi tout en continuant à essayer de faire des prothèses sur Marseille je suis retournée en Suisse chez Pierre BOTTA et ce jusqu’en 2014 ! Je payais mes transports et hébergements.

Mais je ne renonçais pas à trouver le prothésiste qui saurait un jour me refaire une emboiture en France ! et j’ai cherché en dehors de la région de Marseille où j’ai eu plusieurs échecs.

C’est ainsi que j’ai rencontré Matthieu Jouvet chez Marcenac Ducros à Montpellier.

En quelques semaines nous avons trouvé la » bonne forme » le bon volume, nous faisons des tests et parlons le même langage ; C’est agréable de trouver quelqu’un qui vous « entend » et vous « comprends » !

Depuis février 2016 je remarche et je ne souffre plus ; Bien sûr il y a encore des adaptations à faire sur le volume et les appuis mais globalement je sens bien que j’ai ça fonctionne et cela me rassure énormément ; Cela m’encourage à vouloir marcher plus, à faire peut-être des choses que je ne faisais plus.

Cette expérience correspond à un changement important pour moi, à savoir passer d’une emboiture en bois à des matériaux plastiques, semi rigides etc… Mais dès lors que l’on trouve le volume on a déjà gagné les ¾ du pari ; Le confort dans l’emboiture et les appuis à mes yeux représentent 80% de la prothèse, le reste étant important bien sûr : les alignements emboiture-jambe, les différents types de genoux et de pieds etc.

Mais tout démarre pas l’emboiture, ensuite vient le reste ; Et le pari a été tenu!

Caroline C.